Démarche picturale

« Aujourd’hui le manque d’humanisme tue l’art à petit feu. »
Par Henri Griffon
 
Il est indispensable de bien connaître l’homme pour comprendre l’œuvre.
L’artiste est sincère de cœur et d’esprit.
L’œuvre est cohérente et sentimentale.
Raphaël n’est pas un imitateur, il n’est pas un suiveur, il est TOUSSAINT. Sur les cimaises d’une galerie, l’œil averti va reconnaître la facture d’un grand maître ; d’aussi loin que l’on porte le regard, il est facile d’identifier une personnalité. Le graphisme et la couleur vont nous y aider. Il y a, dans chacun des peintres, un ordre particulier : un trait, un grain typique, une originalité ou un élément de choc immédiat, celui-ci fût-il d’une extrême douceur. Un TOUSSAINT se reconnaît immédiatement. Il y a certitude d’être en face d’une personnalité.
Les années 80 sont le début de la reconnaissance officielle, le succès dépasse les frontières. La galerie PHILIPPS aux USA organise une exposition individuelle. Toute la production sera écoulée systématiquement. Il faudra toute la persuasion d’André LEMAIRE pour réintégrer la galerie 93 (Faubourg St Honoré à Paris), où les collectionneurs français, américains et japonais viennent l’apprécier.
Raphaël TOUSSAINT possède son métier à la perfection mais est-il encore naïf ? Au sens strict de la définition, il ne l’est plus depuis la fin des années 70, au sens large, il est le représentant le plus important dans ce courant post-naïf où la maîtrise du dessin et de la couleur est devenue l’aboutissement.
Qu’importe les classifications, il a inspiré, à ce jour, beaucoup de suiveurs mais son art reste unique et inégalé. Il sera toujours victime de cette contradiction chère à André BRETON qui souhaitait une inspiration à l’état brut dépourvue de toute influence extérieure et qui, en même temps, reconnaissait la nécessité de produire beaucoup, de confronter les œuvres entre elles pour mieux les situer et en comprendre l’évolution.
TOUSSAINT peint avec ses yeux et son cœur. Il ne peut se passer des formes naturelles, il travaille sans truquage, sans concession, il recrée et ordonne la nature à sa manière. VAN GOGH rêvait souvent de « faire plus que le vrai » et il ajoutait : « Je suis ravi, ravi de ce que je vois ».
L’œuvre de TOUSSAINT est empreinte d’une émouvante et réconfortante sérénité, sérénité qui est le sceau des grands maîtres seuls capables d’affronter le temps.
 
Henri GRIFFON
24 Juillet 1990
Etude du paysage - Sur le motif
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